Les origines égyptiennes de la ville de Kahone (1)

Serere SeneGambia

Serere SeneGambia

Les origines égyptiennes de la ville de Kahone

kahonepmorMythologies et Légendes:

Proposition de recherche : Les origines égyptiennes de la ville de Kahone

Peinture de Kahone Ci-dessus: Une peinture  -Octobre 1999-, aquarelle, gouache et crayon pastel, relatant la légende du nom de la ville de Kahône

Nam Fio Sérère Sine.

Cette proposition de recherche se décompose sur trois chapitres :

– Les origines égyptiennes de la ville de Kahone

– L’histoire biblique de Joseph en Égypte

– Tableau comparatif entre l’histoire biblique de Joseph en Égypte et l’histoire de la ville de Kahone au Sénégal.

Ci-dessous, le premier chapitre: Les origines égyptiennes de la ville de Kahone. Première publication : 10-05/2007 sur Sigui Tolo Network.

Par Mbagnick Diouf

cartedemigrations03Carte des migrations Image de gauche: Cheikh Anta Diop / L’Afrique Noire Pré-coloniale, carte des migrations des populations négro-africaines à partir de la Région du Haut-Nil et des grands Lacs. La migration du groupe “Sénégalais” depuis l’intérieur du continent africain vers la côte Ouest du continent !

Kahone fut parait il, la première capitale du Sine-Saloum pour laisser Kaolack prendre la place.

C’est un véritable plaisir que j’ai, suite à quelques années de réflexions, pour vous présenter l’histoire de cette ville qui s’inscrit dans la légende des Sérères du Sine Saloum, le pays des Sérères du Sénégal.

Kahone était la Résidence du Bour Saloum (Roi du Saloum) et dans une ville aussi importante, le Roi réunissait annuellement, toutes les provinces du Royaume.
Ce fut entre autres festivités, la plus importante rencontre annuelle.

Pour cette rencontre de consultations dans cette ville sacrée, étaient invités à travers l’ensemble du Royaume, les plus grands prêtres de l’art divinatoire du Royaume Sérère ! D’après la légende,  ces hauts prêtres (Les hommes du Sacré, des prêtres-techniciens de haut niveau) Sérères devaient d’après une tradition ancienne, informer le Roi, sa cour et le peuple des déroulements de chaque hivernage (début et qualité de la saison des pluies). Ces hauts-prêtres informaient aussi, des maladies et menaces qui risquaient de causer des dégâts dans le Royaume. De la qualité des pluies, de la qualité de l’hivernage dépendait une bonne récolte pour un peuple qui vivait principalement d’agriculture. Les grands dignitaires de la cour et du Royaume Sérère avaient aussi des troupeaux de bovins. Les Sérères ne sont pas connus comme bergers de tradition, mais leurs cousins Peuhls sont bien connus et respectés dans l’art de conduire les troupeaux, et dans l’art divinatoire traditionnel.

pangool001smLe décès du Prince Niokhor Baay (Baï) Diouf du Sine : La civilisation Sérère / Pangool. Ceci est un extrait du livre Père Henry Gravand: La civilisation Sérère / Pangool publié aux Nouvelles Éditions Africaines.

Page 37 : « … C’est alors que nous avons été invités aux funérailles secrètes. Un bœuf avait été immolé et le prince, enveloppé dans la peau du taureau,
avait été placé dans un cercueil de bois et descendu, debout, la face à l’ouest, alors que le vivant en prière se tourne volontiers vers l’est. J’ai évalué la profondeur du puits à quatre ou cinq mètres. C’était le puits dont j’avais suivi de loin le creusement. Le cercueil était maintenu stabilisé, debout.
Ainsi, le Gelewaar, redevenu, par la vertu du rituel, Roi-Taureau comme les premiers Pharaons, commençait son voyage vers Jaaniiw la cité des Ancêtres, debout face à la mer, face au soleil couchant. Le taureau immolé le transportait dans l’au-delà. La ressemblance du rituel Gelwaar et du rituel égyptien était impressionnante. On aurait dit un sarcophage pharaonique prêt à embarquer le soir sur la barque de Rê. Les familiers du chef, armés de pelles, commençaient à recouvrir de terre le cercueil, rendant plus sensible le symbolisme du départ vers Jaaniiw. Nous avons quitté les funérailles secrètes au moment où les funérailles officielles allaient commencer… » Fin de citation.
Le défunt dans son linceul sur le taureau noir Apis

Le défunt dans son linceul sur le taureau noir Apis

apiscoffinImage à droite: J’ai trouvé cette image dans un livre consacré à Apis (Le taureau sacré) qui transporte le défunt Roi vers Osiris. Le rituel des Rois Sérères rejoint les récits de l’Égypte ancienne.

Kahone est un village situé à quelques km au Sud de Kaolack (ma ville de naissance) Le texte qui suit, serait le récit populaire d’une légende relative à l’origine du nom de cette ancienne Capitale, et Résidence du Roi du Saloum. Ne perdez pas de vue que cette ville était historiquement l’ancienne Résidence Royale, donc rien à voir avec un petit village ou une ville quelconque, rien de péjoratif dans mes propos, mais juste pour fixer l’importance de cette ville.

Il fut une époque, Un «berger» Peulh [nommé Ilô Adam] « ami » du Roi Sérère [Mégane Ndour], affirme avoir le même rêve ou vision dans la ville capitale de résidence du Roi. Et la nuit (lorsque la terre est froide), sans dormir il voit son rêve se dérouler en « Live » A la base, la légende raconte que ce Peulh était un berger de passage dans ce village, une autre partie de la légende raconte que ce Peulh était « un ami » du Roi du Saloum !

Ce Peulh [Ilô Adam] semble avoir des connaissances avancées dans le domaine du sacré, dans le domaine des rêves, dans le sens africain du terme. Ici, il ne s’agit pas de rêves dans le sens psychanalytique (Freudien ou Lacanien) du terme. Suivent plusieurs rêves ou visions identiques, ce « berger » Peulh, toutes les nuits, (lorsque la terre est froide), cet homme voit son rêve « en réalité » : Il voit un troupeau de bovins traverser tranquillement le village en passant toujours par la place centrale, là où le Roi du Saloum se réunissait avec son haut conseil et prenait les décisions importantes.

Chaque nuit, comme dans son rêve-rêve, il voit un troupeau arriver de ne nulle part,  traverser le village pour se diriger vers le lointain. Personne ne sait vers où.

simonekalis_pm05

Simone Kalis : livre Publié en 1997- Médecine traditionnelle, religion et divination chez les Seereer Siin du Sénégal / La connaissance de la nuit.

L’histoire de la Ville de kahone n’est pas extraite de ces livres cités ici. Mais Simone Kalis, parle des Séréres Sine (Sereer Siin) Image gauche: « …J’ai assisté à Ñaaxar en 1988 au rituel a quet foofi (traduction : demande d’eau) célébré parce que l’hivernage tardait. Les villageois se dirigent en procession de sanctuaire en sanctuaire, en chantant et en battant le tambour, afin d’assister aux libations. Le cortège se disloque après
la dernière offrande effectuée au « fangol » tutélaire du village. Traditionnellement les femmes étaient déguisées en hommes et inversement. Elles portaient des fusils, des arcs et des flèches. La perturbation climatique engendrait une inversion du rituel qui mettait en jeu un langage gestuel symbolique… »  Simone Kalis : livre Publié en 1997- Médecine traditionnelle, religion et divination chez les Seereer Siin du Sénégal / La connaissance de la nuit. Publié aux Editions l’Harmattan – Connaissance des hommes.

Une autre partie de la légende raconte que d’autres personnes avaient la même vision ou le même rêve-rêve que ce Peulh. Toutes les nuits, lorsque le troupeau traversait ce village, un taureau noir, chef de ce troupeau s’éloignait du troupeau de bovins, s’avançait vers le centre du village, s’arrêtait devant une toute petite plante qui grandissait au fur et à mesure que la nuit avançait. Ce taureau mangeait les feuilles de cette plante qui finissait par avoir la taille d’un arbre énorme, un imposant [un tamarinier], et au premier chant du coq (quelques secondes avant la première lueur du jour) l’arbre disparaissait du temps et de l’espace, le troupeau finissait sa traversée du village. Il y avait une symbiose, une chronologie, un tempo parfait entre la traversée du village, le taureau noir qui mangeait les feuilles de l’arbre, la disparition de cet ensemble avec la première lueur du jour !

L’art divinatoire dans l’ancien Royaume Sérère !

Ce « berger » Peulh racontera sa vision aux habitants du village qui raconteront cette vision au Roi qui finira par lui accorder une audience.  La légende poursuit que le Roi du Saloum fit venir ce berger Peulh pour écouter ses rêves, en compagnie de son entourage et ses devins. Ce dernier racontera au Roi du Saloum, son rêve et sa traduction toutes les nuits. Après un long entretien avec les devins de la cour, le Roi demanda à ce berger, de lui apporter la preuve matérielle de ses affirmations, une preuve visible par tous les habitants, quelque chose qui n’existait pas la nuit qui a précédé le rêve ! La légende raconte, que le  Roi était méfiant car un berger Peulh avait toujours dans les parages un troupeau de  bovins prêts à être introduits dans le village ! Il parait que les Sérères se méfient des bergers, tenez comme c’est étrange car ce fut le cas des égyptiens de l’antiquité par rapport aux berges, et ne perdez pas de vue cette remarque.

dreamtime01Edda Bresciani: L’Égypte du rêve / Rêves, rêveurs et interprètes au temps des pharaons.remarque.

Image de droite: L’Égypte du rêve / Rêves, rêveurs et interprètes au temps des pharaons. Ce livre est d’Edda Bresciani, aux éditions Payot. Traduit de l’italien par Juliette Blamont. Titre original: La porta del sogni.

Le berger Peulh posât alors ses conditions (Ce qui est assez étrange pour un berger face à un Roi Sérère de cette époque !) Le berger présenta alors au Roi du Sine ses conditions :

Le Roi devait payer son savoir : Des richesses matérielles pour lui personnellement à titre de récompense !

Aucun autre Peulh, personne de sa descendance, de sa lignée ou de son ethnie, ne devait être inquiété, attaqué, poursuivi, abandonné, enfermé, rejeté ou humilié dans ce village ! Le Peulh deviendrait dans ce village un VIP !

Le Roi accepta les conditions du berger Peulh !

Ce dernier, durant les nuits suivantes, fabriquât une corde avec les écorces de certains arbres, plongeât cette corde un certain temps dans un bain composé de racines et de feuilles de certaines plantes qui entre dans le protocole de validation de sa vision. Après avoir fabriqué cette longue corde, le berger se cachât une nuit en un endroit très proche du point d’apparition du taureau et de la plante, c’est à dire, l’arbre ! Lorsque la terre fut froide, le troupeau apparut de nouveau, traversa le village, et le taureau noir se détachât du troupeau pour se diriger vers un arbre qui sortait de terre, grandissait avec un tempo d’une précision astronomique. Après avoir attendu le moment précis, le Peulh se levât, lançât la corde sur le taureau, encercla avec sa corde l’arbre qui grandissait au fur et à mesure. Ce fut un combat nocturne dans le sens Sérère du terme. Le berger Peulh fit plusieurs fois le tour de l’arbre et du taureau noir, et le premier chant du coq se fit entendre. Le taureau s’effaçât du temps mais la corde retint l’arbre. [Il existe aussi une autre version qui affirme que le taureau noir fut remis au roi du Sine]

Et l’homme (le berger) s’écria en Wolof : « Celui qui a existé dans le rêve est devenu réalité » Celui qui fut est Ici : Ka woone / J’ai prouvé mon rêve» kahonepmor
Le village se réveillât aux cris et hurlements de ce berger Peulh. Le village vit au milieu de la place : Un arbre mature et un taureau – jamais vus dans la région – qui ne s’y trouvaient pas la veille ! Ainsi, le Roi du Saloum fut invité à visiter dans la capitale de sa Résidence, dans la place centrale, un arbre (et un taureau) qui ne s’y trouvaient pas la veille. Aucun devin, ou technicien du sacré payé par la cour Royale n’avait réussi à valider ce que le pays entier voyait ce matin.

Un berger Peulh pour certains, “ami du Roi” pour d’autres a réussi, là où les proches devins Royaux auront échoué comme des techniciens ” Low Level”.
La légende de cette histoire du Sine affirme que ce fut l’origine du nom de la ville de Kahone : Celui qui fut !

Veuillez noter que Ka est un nom de famille Peulh, et Wone est aussi un nom de famille (clanique) Peulh: KaWone est le sens le plus précis à mon avis. KAHONE est le nom écrit dans la langue française. Veuillez noter qu’au Sénégal, toute personne qui pote le nom clanique de KA ou WONE (WOON ou WOONE) est sensée appartenir au groupe Fulbé c’est-à-dire Peulh. Les noirs dans l’ancienne Égypte avaient établi la relation que l’être est une composition matérielle et spirituelle. Tout être est une composante d’une âme (nommée BA en peuhl, nom clanique) et de sa force vitale (nommée KA en peuhl, nom clanique) Une personne décédée, pour devenir, doit impérativement joindre, (re-)fusionner son KA et son BA … Veuillez noter que ces noms claniques KA & BA (KABA) sont des noms claniques uniquement portés par des peulhs. D’où l’origine égyptienne du groupe peulh.

Suite à une longue étude scientifique, enfin (depuis la conférence du Caire en 1974) Le conservateur en Chef du Musée du Caire, Zahi Hawas, a osé dire à la face du monde que le Pharaon RAMSES III de par sa lignée patrilinéaire était un noir, c’est à die possédait le chromosome Y E1b1a, c’est dire ce chromosome qui est principalement disponible en Afrique subsaharienne, c’est-à-dire chez les mélanodermes: noirs.

Fin de la légende de l’histoire de Kahone

Pour Information : Le mois de mai à début juin  : Les annonces faites durant ce mois, permettaient de définir le planning de la préparation des champs. Cet agenda ne doit pas être perdu de vue dans la suite de la légende de cette ville sacrée ! Cette fête annuelle était préparée de longue date, cette rencontre « Présidée » par le Roi du Saloum en personne était le “Best Of” dans l’ancienne tradition Sérère. C’est dans le respect de cet ordre chronologique temporel (Le mois de Mai) que j’ai publié (au mois de Mai 2007) cette proposition de recherche. Mon objectif est de susciter le désir de participation
dans cette recherche historique.

Chez les Sérères, cette cérémonie de rencontre annuelle est désignée sous le nom de Xooy. Il a existé plusieurs cérémonies de divinations dans la Sine, celui de Fatick en est un exemple.

Votre participation est bienvenue.

Première publication 22-O7/2007/, correction le 01-01- 2010.

Toutes les études sérieuses menées sur l’histoire des sénégalais, (du groupe Sérère pour ce qui concerne cette publication) montrent un groupe profondément religieux et mènent vers une source : La vallée du Nil.

D’après Cheikh Anta Diop (je ne me souviens plus dans lequel de ses livres) une ancienne ville sacrée égyptienne a porté le nom de Kaône !

Mbagnick Diouf

La seconde partie de cette publication relative à l’histoire du nom de la ville de Kahone concerne l’histoire Biblique de Joseph, un berger immigré en Égypte qui expliquera au Pharaon (Lequel) ses rêves…

L’histoire biblique de Joseph en Égypte | L’histoire de Kahone | Tableau récapitulatif – Index

Nam Fio Sérère Sine.

® Aucune partie de cette recherche ne doit être l’objet « d’un copier-coller » pour une publication livresque à commercialiser sur le dos de ceux qui sont à la base de ce travail. Aucune partie de cette recherche ne doit être l’objet « d’un copier-coller » pour une publication quelque soit le support,  sans autorisation écrite.

“Le retour à l’Égypte dans tous les domaines est la condition nécessaire pour réconcilier les civilisations africaines avec l’histoire, pour pouvoir bâtir un corps de sciences humaines modernes, pour rénover la culture africaine. Loin d’être une délectation sur le passé, un regard vers l’Égypte antique est la meilleure façon de concevoir et bâtir notre futur culturel. L’Égypte jouera, dans la culture africaine repensée et rénovée, le même rôle que les antiquités gréco-latines dans la culture occidentale” Cheikh Anta Diop : in Civilisation ou Barbarie. Édition Présence Africaine, 1981, 25 bis, rue des Écoles, 75005 Paris – France. Par C.A. Diop : in Civilisation ou Barbarie.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked