Tabaski ou Tobaski

Serere SeneGambia

Serere SeneGambia

Il s’agit d’un ancien (le plus ancien dit-on) festival de chasse, remontant à une époque indéfinie, mais normalisé à l’époque médiévale du Sine Guejopal Mane Joof Niane, lors de sa réforme religieuse.

Tabaski ou Tobaski est le nom que les musulmans de la Sénégambie, donnent à la   cérémonie islamique de l’Aïd al Kabîr / Adha Aïd al (Appélation d’origine arabe).

l’Aïd al Kabîr célébre le moment où Abraham a été arrêté par l’ange Gabriel lorsqu’il était sur le point de sacrifier son fils à son Dieu Allah – selon la Bible et le Coran. Un mouton a   été donné à la place pour le sacrifice.

Le terme utilisé aujourd’hui par beaucoup de Sénégambiens n’a rien à voir avec l’Islam [Tabaski Aïd] Al Kabir. C’est un mot emprunté à l’ancien festival de chasse Sérères avant leur conversion à l’Islam.

La Tabaski de Buur Sine etait célébrée à Diakhao par le Roi du Sine [Buur Sine / Barr Sine /] Maad Sine. Les prières ont lieu à Diadieul (Diakhao) dans l’après-midi. Après les prières, les divins Saltigués et le Jaraff Burei (le Premier ministre et le représentant du roi) prononcent un discours au nom du roi. C’est un très important festival qui attirait de nombreux visiteurs à Diakhao où des défilés avaient lieu devant le roi et la Lingeer. Bien que les Sérères Sénégambie qui se sont convertis à l’islam pratiquent la Tabaski musulmane, on peut cependant, noter que leur Tobaski [en particulier dans le  Sine-Saloum] contient une profonde et énorme influence dite Sérère Roots (non convertis).

Auteur : Tamsier Joof

Mise à jour par Mbagnick Diouf

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En cherchant bien dans l’histoire du peuple Sérère et de ses origines (comme des origines de tous les autres groupes d’Afrique noire) nous comprenons qu’au Sénégal, ce groupe a pratiqué une cérémonie ignorée par les « égyptologues modernes », une cérémonie qui remonte  à une haute antiquité, lorsque ce groupe vivait encore dans la vallée du Nil.
La connaissance de l’historiographie du culte du Bélier nous indique que l’Afrique noire a expérimenté ces notions, au moins, 2000 ans avant l’arrivée d’Abraham en Afrique, plus de 3500 ans avant l’avènement de l’Islam. Dans cette publication, il ne s’agit point de blasphème, ni d’analyse personnelle, mais d’historiographie et d’archéologie. Le mot Tabaski n’existe pas dans la langue arabe. Je me suis renseigné auprès des contacts arabo-musulmans de la diaspora : Ils ne connaissent pas ce mot.

amonÀ noter que le monde moderne ne connaît Abraham qu’à partir de son contact avec l’Égypte pharaonique (d’après les récits de l’ancien testament (La bible de Jérusalem))  D’après ce texte (Chapitre 11 (Genèse 11. 21-29), la seconde épouse d’Abraham fut une noire (égyptienne) sa servante nommée Agar, mère d’Ismaël.
L’époque d’arrivée d’Abraham en Égypte est inconnue, cette antique civilisation de scribes noirs,  fonctionnaires méticuleux n’a nullement mentionné la présence d’un personnage aussi important qu’Abraham sur aucun texte, mur ou papyrus. Nous savons, d’après l’ancien testament, qu’Abraham est un étranger arrivé en Égypte, pauvre en haillons, affamé, vieux, sans enfants et accompagné de sa femme Saraï ou Sarah.Egypt_circ-02
Nous savons aussi, que c’est au contact avec l’Égypte pharaonique, qu’Abraham (à un âge avancé) adoptera la pratique de la circoncision (pour faire alliance avec son Dieu) uniquement pratiquée par les égyptiens. Abraham sortira d’Égypte, riche, accompagné d’un important troupeau et butin…
Voici, sommairement fixée ; l’arrivée, la présence et la sortie d’Abraham sur la terre des écritures sacrées de l’époque.
Nous savons aussi, par l’historiographie que les égyptiens connaissaient la notion du bien et du mal, du paradis et de l’enfer; des données archéologiques peintes sur des paradis-enfermurs, sauvegardées sur des papyrus ou gravées sur des murs témoignent de ces connaissances depuis une haute antiquité. Le défunt doit traverser un pont suspendu au-dessus des flammes de l’enfer, un pont suspendu constitué par un énorme serpent luisant, la gueule ouverte devant le défunt, prête à engloutir le mécréant qui tombera dans les flammes de l’enfer. Dans l’Islam moderne, cette traversée du pont suspendu est nommée : La traversée de Sirât.
Pour en revenir au sacrifice du mouton, une courte synthèse permettra au lecteur d’avoir une approche de l’évènement religieux : Il est important de noter que cet événement qui suit ne s’est pas déroulé en Égypte mais en dehors des frontières, après le séjour d’Abraham sur la terre des Pharaons. D’après l’ancien Testament : Le Dieu d’Abraham, pour le tester, lui a demandé de sacrifier son fils « ainé » Les traditions juive et musulmane ne sont pas en accord sur lequel de ses fils : Ismaël (Fils de la servante Agar) ou Isaac (Fils de Sarah). Cette divergence n’est pas le but de cette publication.
Abraham obéit à l’ordre divin et au moment ultime de sacrifier son fils, Dieu lui envoya un ange qui remplaçât le fils par un mouton, un bélier. Et depuis cette époque, dans la religion musulmane, chaque année, le rituel du sacrifice du bélier est suivi dans les familles.
Le culte du bélier dans l’Égypte antique (antéislamique) et dans l’Afrique noire contemporaine.
amon2Le culte du bélier existait à Abydos (Égypte) dès l’époque prédynastique (avant l’apparition « des religions modernes ») Dans  l’Égypte ancienne, d’après la tradition religieuse, Ra (Dieu) aurait créé le monde (les humains) par le biais de Khnoum sur sa tour d’agile issue des limons du Nil, après leur avoir soufflé la Vie. Khnoum porte bonheur, chance, prospérité, apporte une protection, raison pour laquelle il est représenté dans l’ancienne Égypte avec sa tête de Bélier. A Abydos (antique  ville sainte) existait un culte dédié au Bélier dès l’époque prédynastique, il en sera ainsi à travers l’Égypte, des temples seront dédiés à Khnoum, « Khnoumdieu » bélier. Le nom de cette ville sainte Abydos, est encore porté par des hommes au Sénégal sous la forme d’Abdoulaï, Abdou ou Abdourahmane ou Abderrahmane.
Le Pharaon khoufou, vulgairement appelé Khéops par les modernes, était sous la  protection de Khnoum (Qu’il me protège) A sa suite, tous les Pharaons égyptiens jusqu’au dernier, Maame TaharKa Sene se sera mis sous la protection du Bélier.
Khnoum sera le « Designer » de l’enfant Roi en Égypte, son culte sera présent tout au long de l’histoire africaine à travers des villes saintes et dans l’historiographie religieuse de cette nation des deux terres. C’est ainsi que jusqu’à une époque dite tardive de son histoire, le dernier vrai Pharaon (Le Roi des rois) nommé TaharKa Sene se représentera entre les pattes du bélier qui sera sculpté sous la forme du Sphinx symbolisant ainsi dans la
tradition de ses ancêtres : « À travers ce bélier, moi TaharKa Sene, je suis sous une protection divine ». A la vue de cette sculpture, le peuple savait que l’Essentiel, sa Majesté Impériale, le Roi des rois  (King of kings, Lord of lords) était sous haute protection.
Khnoum-taharkaDepuis sa migration de la vallée du Nil, le groupe Sénégalais a conservé cette pratique qui consiste à se mettre sous la protection du bélier de par sa présence ou suite à un sacrifice. Le rituel du Bélier d’Amon existe aujourd’hui encore à travers de nombreuses nations africaines, en Afrique de l’Ouest sous le nom de Tabaski, ici le Sénégal est juste un exemple qui relève de mon vécu.
Le culte d’Amon fut une des bases fondatrices de la civilisation égyptienne. Les  descendants des prêtres de la Thèbes (en français) antique fonderont au Sénégal une ville sainte nommée Taïba.
Le culte du bélier au Sénégal, une Égypte ratée:
En général, au Sénégal dans les familles, le baptême d’un enfant est couronné par le sacrifice d’un bélier, dans d’autres cas ; selon la lignée (pas le pouvoir économique), un taureau noir est immolé, toujours selon l’ancienne tradition de la Rive sacrée du Nil.
Concernant le Bélier, dans les familles converties (et qui en ont aujourd’hui les moyens financiers) toute l’année un bélier -blanc- vit dans la maison. Considérant l’architecture et l’urbanisation citadine du Sénégal, les familles n’ont plus l’espace requis (un enclos) pour laisser un bélier gambader dans la maison en longueur de journée considérant aussi les voleurs qui pourraient s’emparer de la bête nourrie et entretue toute l’année, le bélier est le plus souvent enfermé 12 mois /12 dans une cabane (en zinc) sur le toit de la maison.
Rappel de la raison de la présence du bélier dans une maison sénégalaise: Un bélier dans une maison est un porte bonheur, il chasse, éloigne le mauvais œil, les esprits nocturnes (considérés comme étant malsains), protège tous les habitants de la maison, apporte la chance dans tout ce qui est entrepris, éloigne les maladies (qui ne sont jamais d’origines naturelles, disons microbiennes), aide à la réalisation et à l’accomplissement des souhaits, défait les ennemis. Lorsqu’un sénégalais souhaite la réalisation d’un vœu (une entreprise) le marabout lui conseille d’élever un mouton dans la maison.
En 2010, pour assister à la Cérémonie du Xooy dans le Sine, j’ai passé une semaine dans une famille sénégalaise à Kaolack. Un Bélier blanc avait son étable sur le toit de la maison, juste au-dessus de la chambre d’hôte : Toutes les nuits, il donnait des coups de cornes sur la tôle, râlait, bougeait, grattait le sol… Dans la journée il était nourri sur le toit, de temps en temps il était descendu dans la cour pour lui donner son bain. Dans d’autres maisons, les
béliers sont dans un tel isolement qu’ils deviennent agressifs, donnent des coups de cornes jour et nuit, bêlent et attaquent tout ce qui passe à côté, même la personne qui apporte la nourriture, un chat qui a le malheur de passer à côté reçoit sa ration de coups de cornes, malheur à l’enfant qui s’approche de trop, ici il n’est pas question de caresser le Bélier tel un jouet dans un parc animalier, ce bélier n’a jamais vécu comme les autres béliers au
village, il n’a aucune vie sociale…belier-amon-02
Lorsque vous posez la question du pourquoi de la présence du Bélier, le Sénégalais ne répond pas par une argumentation économique ou historique, mais  pour des raisons religieuses liées au culte d’Abraham, pour des raisons de protection.

Image de gauche: Le culte du bélier d’Amon Râ; ou Roog Sene dans la langage Sérere Sine SénéGambie. Dans l’antiquité noire, des sculptures relatives au culte du bélier se rencontraient à “chaque coin de rue” Des artistes du temps du rêve. Ces sculptures sont désignées comme haut de gamme.
“Le retour à l’Égypte dans tous les domaines est la condition nécessaire pour réconcilier les civilisations africaines avec l’histoire, pour pouvoir bâtir un corps de sciences humaines modernes, pour rénover la culture africaine. Loin d’être une délectation sur le passé, un regard vers l’Égypte antique est la meilleure façon de concevoir et bâtir notre futur culturel. L’Égypte jouera, dans la culture africaine repensée et rénovée, le même rôle que les antiquités gréco-latines dans la culture occidentale” Cheikh Anta Diop : in Civilisation ou Barbarie. Édition Présence Africaine, 1981, 25 bis, rue des
Écoles, 75005 Paris – France.
Mâat, l’Égypte Pharaonique et l’idée de justice sociale : Publié aux éditions La Maison de Vie.
« …Nous avons dit que sous l’Ancien Empire la Mâat était identifiée à la volonté du roi. Or il semble paradoxal que ce ne soit pas la carrière, c’est-à-dire le service du roi où la Mâat s’accomplit, mais le service des hommes. En fait, ce n’est pas une contradiction. À cette époque, on ne distingue pas entre l’État et la société ; le roi veut que l’on serve les hommes, il aime la solidarité, parce que la solidarité est le fondement de l’État… » Jan Assmann : Professeur à l’université de Heidelberg.
belier-amon-04-pm“Ils disent que les dieux ont récompensé leur piété par des avantages considérables comme de n’avoir jamais été soumis sous la domination d’un prince étranger… Les éthiopiens disent que les égyptiens sont une de leurs colonies qui fut menées en Égypte par Osiris. Ils prétendent que ce pays n’était au commencement du monde qu’une mer, mais que le Nil entraînant dans ses crues beaucoup de limon d’Éthiopie, l’avait enfin comblée et en avait fait une partie du continent… Ils ajoutent que les Égyptiens tiennent d’eux comme de leurs auteurs et de leurs ancêtres, la plus grande partie de leurs lois ; c’est d’eux qu’ils ont appris à honorer les rois comme des dieux, et à ensevelir leurs morts avec tant de pompes ; la sculpture et l’écriture ont pris naissance chez les Éthiopiens… Les Éthiopiens allèguent encore d’autres preuves de leur ancienneté sur les Égyptiens : mais il est inutile de les rappeler ici… »

A méditer dans le cadre de la restauration de la conscience historique du peuple noir.

Ajout apporté par Mbagnick Diouf

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