Gamou de Kahone

Serere SeneGambia

Serere SeneGambia

Le mot «Gamo / Gamou» vient de l’ancien mot sérère Gamahou [traduction approximative]: A la recherche du coeur perdu.

Bien que cette ancienne fête soit aussi ancienne que la tribu des Sérères, le Roi médiéval du Sine – Barr Sine Guejopal Mane Niane Joof qui lui donna le caractère profond que nous associons au Gamou des Sérères non convertis. Cet ancien festival est le moment pour les hauts prêtres Saltigués de prédire le cours de l’hivernage, en fait, le cours de chaque saison aussi loin qu’ils peuvent dans le temps. Le Gamou de Kahone est réellement un jour férié. Dans l’ancien temps, la procession rituelle débutait entre la maison du roi du Saloum et de la Lingeer ou la Reine Mère / sœur du roi. Ce festival est l’un des plus importants festivals au Royaume du Saloum parce que son saint patron (comme on dirait aujourd’hui) était en fait le roi lui-même !

Mise à jour par Maame Yacine Diouf, Oncle Faly Sow & Mbagnick Diouf en Juin 2010, suite à une visite à Kahone.

Kahone, le 01 juin 2010.

Une ancienne cérémonie de prédiction ou Xooy ou Xoy (Nous prendrons Xooy comme convention) se tenait à l’époque Royale à Kahone. Pour plus d’information, lire l’article publié le 22 07 2007 sur ce lien. Avec le déplacement de Kahone comme capitale (remplacé par Kaolack) , la disparition de la Royauté Sérère remplacée par le système colonial français et l’instauration de la République du Sénégal à l’époque du Président Léopold S. Senghor , le Gamou de Kahone a, au fil du temps perdu sa superbe.

Nous nous sommes rendus à Kahone les 01 et 05-06 juin pour assister au Gamou.

Le 01 juin fut pour nous l’occasion de faire le tour des places historiques de Kahone, hors visites. Nous avons été chaleureusement reçus par Monsieur El Hadji Mamadou Mar, Communicateur traditionnel  de la Kahone, qui a partagé son repas de midi et nous a accordé une interview de plus d’une heure sur l’histoire de Kahone. Cette interview est diffusée sur la radio de Sérère SeneGambia !

Accompagné par Ngom, jeune guide enthousiaste de Kahone qui a passé une journée pour nous présenter sa ville, à quelques jours du début des festivités du Gamou prévu du 04 au 06 juin 2010. Mais, pour des raisons techniques, le dernier jour fut suspendu, nous avons quand même pu faire le tour des places historiques avant le Gamou.

Quelques sites (Liste non exhaustive) situés à Kahone :

Guuye Ndjouly : Durant la période des circoncisions, les anciens visitaient le Roi et formulaient une demande pour débuter la période de circoncision.  A cette époque, uniquement le Roi pouvait, après consultation des saltigués, décider de la date de la Circoncision à travers le royaume. Le temps de retrait pour entrer en circoncision pouvait  durer entre 6 et 8 mois. Ce baobab est aussi celui de l’intronisation des rois de Kahone. Lors de son intronisation, le prétendant, futur roi devait se présenter au baobab et éventuellement en escalader les branches. En fonction du nombre de branches franchies, les hauts-prêtres déterminaient le nombre d’années de règne du futur  souverain. Notre guide nous a affirmé avoir vu dans les temps moderne, un prétendant au trône de Kahone, fuir à toute jambes, devant la foule, à la sortie du serpent ! D’où l’expression consacré à Kahone, un Roi ne fuit pas. Nous avons quand même vu la tête d’un serpent dans le baobab, peut-être la descendance du génie gardien de cet arbre sacré !

Le Gueung : Il faut faire 7 fois le tour de l’arbre.

Guuye Guéweel : Arbre sacré, destiné à être un tombeau réservé aux griots détenteurs des récits – secrets- et épopées historiques, prédynastiques du royaume

Keur Mbégane Ndour:

Tombe de Sémou Djimit Diouf : Nul ne sait la place exacte de sa tombe, un enclos ouvert, délimite ce qui semble être l’endroit approximatif de sa tombe. Cet enclos est aujourd’hui ouvert, traversé par n’importe qui, des bovins viennent même y déposer leurs crottins lors de la traversée de l’enclos pour ne pas faire les détours. Le cimetière est en face du bras de mers qui montre l’Ile mystérieuse de Kouyona.

Mad Wal Boumy : Tombeau sacré des Wal Boumy. Mad signifie tombeau.

La reconstruction de ce qui fut, le périmètre du domicile de Sémou Djimit Diouf.

Mama Djana : Arbre sacré destiné au culte sacrificiel pour les griots. Véritable arbre de culte dans la tradition des griots dont les  branches même tombées à terre ne doivent pas être rapportées à domicile pour faire du feu.

Déegue Adane : Un étang, asséché lors de notre venue. Il se trouve juste à côté d’un Lycée.

Par expérience, nous savons que le monde est rempli de pillards qui profitent gratuitement du travail des autres. Ce voyage-reportage est le résultat d’un travail collectif. Nous demandons au lecteur de respecter le groupe.

A poursuivre, et l’internet le permet au nom de la recherche.

“Le retour à l’Égypte dans tous les domaines est la condition nécessaire pour réconcilier les civilisations africaines avec l’histoire, pour pouvoir bâtir un corps de sciences humaines modernes, pour rénover la culture africaine. Loin d’être une délectation sur le passé, un regard vers l’Égypte antique est la meilleure façon de concevoir et bâtir notre futur culturel. L’Égypte jouera, dans la culture africaine repensée et rénovée, le même rôle que les antiquités gréco-latines dans la culture occidentale” Cheikh Anta Diop : in Civilisation ou Barbarie. Édition Présence Africaine, 1981, 25 bis, rue des Écoles, 75005 Paris – France.

Mise à jour publiée par Mbagnick Diouf

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked