Le None

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Serere SeneGambia

Serere SeneGambia

Chez les Sereer, la mort n’est pas une fin définitive ou une absence de vie mais un simple recommencement pour une nouvelle vie loin des semblables, autrement dit « Les morts ne sont pas morts » disait Birago Diop. C’est ce qu’on appelle le « voyage sans retour » des esclaves qui, lors de la traite négrière, quittaient l’ile de Gorée (Sénégal) pour être exploités à travers le monde pas uniquement en Amérique.

Il choisit une destination inconnue à l’image du paradis où il pourrait mener une vie tranquille et éternelle. Ce nouveau monde peut être la mer ou la forêt. Il continue de vivre dans un endroit si loin et si proche parce que invisible aux vivants.

Le mort, caché quelque part dans sa demeure éternelle dans le royaume de « Roog Sene » (Dieu suprême) entend, voit et observe les faits et gestes de ses parents vivant sur terre. Il arrive qu’il fasse une apparition devant un parent ou un habitant du village ou du quartier ou qu’on le croise sur son chemin. C’est ce qu’on appelle « None » (revenant) dans la tradition sereer.

Il est aussi important de préciser que dans la culture sereer, qu’elle soit vivante ou morte, chaque personne à sa jumelle ou « none » cachée quelque part. Il n’est pas rare de rencontrer une personne qui présente les mêmes caractéristiques physiques (ressemblance physique) qu’un parent, un voisin ou un ami. C’est très étrange, mais ce sont des réalités vécues en milieu sereer.

Il arrive également qu’une personne décède et que dans sa famille ou dans le voisinage naisse une personne qui lui ressemble. Même si cela peut être scientifiquement démontré (caractère héréditaire), le sereer quant à lui considère que ce phénomène communément appelé « rimnou » ou « khontou » (renaissance ou résurrection) relève des « Nones ».

Mamadou Diouf

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